L'histoire du whisky japonais

Et comment 2 hommes ont bouleversé le petit monde bien établi du whisky

Peu de personnes réalisent que les Japonais produisent leur propre whisky single malt et blend. Saviez-vous que le Japon est le troisième producteur mondial de whisky, après les Écossais et les Américains ? Oui, ils ont battu les Irlandais. Voici la génèse de cette histoire étonnante.

Whisky japonais : les origines

La popularité du whisky japonais s'est accrue à l'échelle internationale depuis qu'un whisky japonais a remporté un prix important en 2001. Par la suite, les whiskies japonais ont remporté deux des prix les plus prestigieux aux World Whisky Awards en 2008 avec le Yoichi 20 ans d'âge et le Hibiki 30 ans d'âge. Ce sont les premiers whiskies japonais à remporter un tel prix et les résultats ont envoyé des ondes de choc pour le whisky au Japon et dans le monde entier.

Le début du whisky japonais

En 1853, le commodore Matthew Perry a ouvert le Japon au commerce international en pointant des armes à feu sur eux. Mais se sentant ensuite plus diplomate, Perry rencontrera plus tard l'Empereur du Japon avec 110 gallons de whisky américain en cadeau. Un engouement pour le whisky américain a rapidement déclenché une envie de découverte du whisky écossais, qui à son tour a inspiré les distillateurs locaux à s'essayer à la production de ce breuvage.

Bien que les premières tentatives japonaises de fabrication de whisky soient entourées de mystère, nous pouvons supposer qu'elles n'étaient pas tout à fait à la hauteur des meilleures production d’aujourd'hui.

Les premières bouteilles de whisky étaient en réalité des eaux-de-vie de céréales aromatisées de fruits, d'épices et même de parfums.

Cependant, le Japon aura bientôt une véritable industrie du whisky grâce à deux courageux pionniers : Shinjiro Torii et Masataka Taketsuru, qui sont à l’origine des prestigieuses marques Suntory et Nikka.

Une association qui mène à la création des 2 grandes marques de whisky japonais

Torii voulait faire un whisky adapté au palais des Japonais, et il a fondé la première distillerie de whisky du pays, Yamazaki, en 1923. Torii a reçu un coup de main de Taketsuru, qui était devenu fasciné par le whisky d'Ecosse alors qu'il y étudiait la chimie en 1920 (il est même revenu avec une épouse écossaise, Rita Taketsuru, qui est devenue le sujet d'un feuilleton japonais populaire).

Mais cette association n'a pas durée. En 1934, Taketsuru a rompu avec Torii pour ouvrir la distillerie Yoichi sur l'île d'Hokkaido, au nord du Japon, qui, selon lui, avait un climat supérieur pour créer des whiskies écossais.

L'industrie japonaise a connue un véritable boom dans les années 1970 et au début des années 1980, alors que les ventes de whisky importé augmentaient massivement.

De nombreuses nouvelles distilleries ont été construites et certaines distilleries de saké et entreprises ont également été converties à la production de whisky, afin de répondre à la demande.

A la fin des années 80, l'industrie du whisky au Japon était en difficulté et un certain nombre de distilleries ont été fermées. Les principaux facteurs à l'origine de ce recul ont été l'augmentation du prix et de l’abondance des whiskies importés d'Écosse, d'Irlande et des États-Unis, ainsi qu'une hausse des taxes japonaises sur l'alcool. Cela a rendu les whiskies japonais très chers par rapport aux concurrents étrangers et les ventes se sont effondrées.

Succès du whisky japonais et pénurie à l'échelle internationale

Bien que l'intérêt ait diminué, de nombreuses distilleries japonaises étaient au sommet de leur art au tournant du millénaire. L'accent mis auparavant sur le whisky blended avait cédé la place à la recherche de single malts, et en 2001, Nikka's Yoichi 10-Year a été nommée "Best of the Best" lors de la remise des prix du Whisky Magazine.

Ce moment décisif a donné au whisky japonais sa première prise en Occident, et une série de récompenses a suivie. Mais toutes ces victoires ont eu un coût, pour le producteur et le consommateur. Un grand nombre des single malts japonais sur le marché provenaient de stocks établis dans les années 1990, lorsque la demande de whisky japonais avait été considérablement plus faible.

Les prix ont grimpé en flèche dans le pays et à l'étranger, et certains whiskies ont complètement disparu

Si cette nouvelle est décourageante pour l'aficionado du whisky japonais, elle est encore plus décourageante pour ceux qui commencent à peine à explorer ce merveilleux monde.

Aujourd'hui, la demande de whisky japonais augmente à nouveau. C'est surtout sur les marchés d'exportation, car les taxes restent élevées et le marché japonais est inondé de whiskies importés de l'étranger moins chers.

Grâce à l'obtention de grands prix de whisky, la réputation du whisky japonais s'est développée et de plus en plus de gens le boivent plus que jamais.

Le whisky japonais contribue à 5% de toutes les ventes mondiales de whisky, ce qui signifie que sur 20 bouteilles de whisky vendues, une bouteille est japonaise. Cela permet de soutenir huit distilleries de whisky en activité.